Sujet: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Mar 11 Oct - 13:57
J’avais l’impression que mon cerveau se mettait à bouillir, si ça continuait, il allait se liquéfier dans mon crâne
Non, je refusais, malgrès les cris des autres félins qui me suppliaient d’y aller, je refusais. Comment aller vers celle qui était responsable, d’après moi, de la mort de mon amour ? Mon seul et unique amour. C’était clairement et simplement impossible ! On pouvait exiger beaucoup de choses de moi, mais certainement pas ça, si cette guérisseuse de pacotille s’approchait d’un seul pas vers moi, je lui planterais mes crocs dans la gorge ! Et puis, je guérirais, il n’y avait pas de quoi s’affoler, d’ici une ou deux nuits, je serais de nouveau sur pieds, alors que si je laissais cette meurtrière m’approcher, elle me tuerait avec ses satanés remèdes ! La colère est quelque chose de cuisant, ça vous ronge les entrailles a en hurler de douleur, et je sais ce que je dis ! Un félin que je connaissais vaguement s’approcha de moi. « Tu vas tout de même pas te laisser mourir là ? » s’enquit-il avec inquiétude. « C’est elle qui va me tuer ! Laisses-moi je te dis ! » lui lançais-je avant de gémir de douleur. Il s’agenouilla près de moi et me regarda longtemps, j’avais envie de lui crier de partir mais je n’en avais pas la force. Le félin se leva et commença à aller vers la tanière de la guérisseuse, soi-disant guérisseuse ! J’avais l’impression que mon cerveau se mettait à bouillir, si ça continuait, il allait se liquéfier dans mon crâne sans que j’ai pu me jeter sur la féline. Je voulus me lever, m’enfuir, sortir du camp et partir le plus loin possible ! Si je mourrais, je voulais que ce sois au bord de notre coin secret. J’entendis des pas approcher… Ho non, pitié, faites qu’elle ne s’approche pas plus ! Je me retournais autant que je le pouvais, elle était là, avec ce foutu chat qui s’entêtait à ce que je la voie ! « Si t’approches, tu peux être sûre que tu ne verras pas ta foutue lune se lever ! » lui crachais-je à la figure, plein de haine, mais j’avais le souffle coupé, il m’était impossible de faire quoi que ce soit. Si elle approche elle est morte, pensais-je. Mais je ne pus rien faire du tout, même quand elle s’approcha, avec ses foutues herbes dans la gueule, même si je ne bougeais pas, mon regard renvoyait toute la haine que j'éprouvais envers cette Fleur de Saphir.
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Sujet: Re: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Mar 11 Oct - 14:33
« Rah làlà ! La haine, franchement, quelle perte de temps ! A mes yeux, le mépris est bien plus attrayant ! »
Fleur de Saphir décida que s’en était assez. Elle le voyait bien, là-bas, qui se promenait en prétendant qu’il allait très bien. Comme sa compagne le faisait. Sauf qu’elle était morte celle là. Maladie incurable, qu’elle surnommait Tueuse Nordique. Toute sa science et son art avaient été inutiles, elle n’avait rien pu faire, Reflet d’Etoiles était morte. Comme beaucoup de gens. Pourtant, ce grand imbécile avait décidé de la haïr. Ce n’était pas sa faute si sa stupide compagne avait refusé de venir jusqu’au moment où le retour en arrière était impossible. Soucieuse malgré tout de la sécurité de son Clan – hors de question de perde un guerrier, pas par les temps qui court ! – elle envoya un chat qu’elle avait vu deux ou trois fois avec lui jouer le médiateur. Bien sûr, les tentatives pacifiques échouèrent, alors il dut lui emmener de force. Pas très problématique, vu son état de grande faiblesse.
« - Si t’approches, tu peux être sûre que tu ne verras pas ta foutue lune se lever ! »
La Dame Blanche, exaspérée, soupira et toisa le guerrier avec supériorité. Elle en profitait pour définir son mal. Hum, juste une petite grippe, rien de bien grave. Elle alla chercher les plantes correspondantes et lui prépara une mixture, avant de le faire avaler – à grandes peines, il se débattait comme un beau diable.
« - Au repos complet pendant une semaine. Si tu ne veux pas finir comme ta défunte compagne, bien sûr, ajouta-t-elle, méprisante. Cale à toi à l’entrée de mon antre, sous le surplomb. Nuage de l’Aube, inspecte le voir si tu ne trouves rien d’autre. »
Son apprentie sursauta et s’avança vers Aile de Fée. Elle l’ausculta tant bien que mal, tandis que son mentor la regardait faire avec tendresse. Au final, la petite sœur du lieutenant ne trouva rien et Fleur de Saphir l’envoya chercher des herbes dans la forêt, avec Nuage Neigeux. La guérisseuse était blessée par l’attitude du chat. Après tout, n’était-elle pas considérée par tous comme la meilleure guérisseuse de la forêt ? Ou peut-être qu’elle s’illusionnait. Quoi qu’il en soit, elle allait chercher vengeance.
« - Alors comme ça môsieur est malade. Ça ne m’étonne pas, il paraît que la Tueuse Nordique est contagieuse. Qu’elle reste tapis longtemps avant de sortir…si ça se trouve, ton idiote de compagne n’était même pas fidèle. »
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Dernière édition par Fleur de Saphir le Mar 11 Oct - 21:04, édité 1 fois
Sujet: Re: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Mar 11 Oct - 15:52
La seule chose dont j’avais un tant sois peu envie, c’était d’aller au bord de la mare, notre mare avec ces petits poissons multicolores
Comment elle osait cette garce ? Elle avait pas honte de lui dire d’aller s’allonger près de sa tanière ? Et de mentionner Reflet d’étoile ? « Si tu ne veux pas finir comme ta défunte compagne » ! Non, mais ho ! Et toi tu veux finir en chair à corbeau ? je vais te faire la peau quand je serais rétablie, et là on verra qui rira le plus ! Je lançais un regard méprisant à cette meurtrière, quand elle débita des horreurs sur Reflet d’étoile. La rage m’engloutit comme dans un étau, j’en oubliais ma faiblesse, j’allais la tuer, c’est sûr. Je me levais d’un coup, je me jetais sur elle, mais ma vue se brouilla et je m’écrasais lamentablement par terre, j’étais plutôt ridicule. Et puis là, par terre, comme un idiot, je me mis à pleurer.
Les herbes avaient l’air de marcher, j’avais repris un peu de force, sûrement pas assez. Je me relevais, toujours en pleurant silencieusement, et vaincu j’allais m’allonger là où elle me l’avait demandé. J’avais l’air d’un apprentie qui a fait une bêtise et qu’on punit en mettant au coin. Ridicule, moi un guerrier, voilà où j’en étais… Ho, pourquoi tu as dû partir Reflet d’étoile ? Moi je t’aimais, et toi tu es partie ! Je t’en veux, tu aurais dû m’écouter et aller te faire soigner au lieu de me dire que tout allait bien. Mais maintenant c’est trop tard, et je me sens terriblement coupable, j’ai rejeté la faute sur Fleur de Saphir comme un imbécile, c’est moi le fautif, je le sais. J’en avais pas fini de mes réflexion, de parler à une morte, l’amour rend fou, vraiment fou. Mais comment oublier ? Oublier ta fourrure blanche ? La fourrure la plus blanche que j’ai jamais vu, et la dernière que j’ai vu.
Fleur de Saphir avait parlé de Tueuse nordique, je ne savais même pas ce que c’était, mais je m’en fichais bien assez. Un apprentie me lança un regard bizarre, comme si je lui inspirait de la peur. T’as raison, faut pas devenir comme moi ! Mais on y peut rien, ça vous tombe toujours dessus à l’improviste de toute façon, on ne peut rien y faire. Même avec toutes mes pensées, je continuais de penser que c’était la guérisseuse la coupable, et la seule. Fleur de Saphir passa près de moi. « Tu es contente de toi ? Tu te sens bien supérieur maintenant ? » lui envoyais-je sans même lever le regard dans sa direction, trop abattue pour ça. La seule chose dont j’avais un tant sois peu envie, c’était d’aller au bord de la mare, notre mare avec ces petits poissons multicolores.
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Sujet: Re: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Jeu 13 Oct - 21:38
Jamais sa neige et ses aurores boréales ne lui avaient tant manqués.
Pas très étonnée, Fleur de Saphir regarda le guerrier se relever en hurlant et foncer sur elle. Elle le laissa faire, consciente qu’il n’irait pas bien loin. Effectivement, il s’écroula. Lamentable. Elle lâcha un petit rire très bref et sans plus lui prêter attention, commença à réfléchir à une cure pour un ancien particulièrement souffrant. C’était ça qui la différenciait des autres. Elle ne se contentait pas d’appliquer ; elle inventait. A partir de ce qu’elle savait, elle cherchait d’autres moyens, d’autres remèdes. Elle avait tout tenté pour Reflet d’Etoiles. Rien à faire, la maladie était définitivement mortelle. D’un seul coup, la sensation d’échec qui l’avait envahi ce jour là revint d’un coup. Elle revit la poitrine de la chatte blanche se soulever, s’abaisser…ne plus bouger. Une monstrueuse culpabilité la submergea avant qu’elle ne reprenne le contrôle d’elle-même. Sans un regard au passé, elle regagna l’instant présent. Présent assez ennuyant : le mâle était toujours là, bouillonnant de rage. Impassible, Fleur de Saphir s’installa dans un coin et se mit à faire sa toilette. Lorsqu’elle passa près de lui, Aile de Fée explosa :
« - Tu es contente de toi ? Tu te sens bien supérieur maintenant ? »
La guérisseuse prit son temps pour lui répondre. Malgré l’apparence rustre de la question, la féline sentait un double sens. C’était plus profond que ça. Non, elle n’était pas contente d’elle. Elle l’était rarement, de toute manière. Supérieure ? Elle l’était bien avant qu’il ne la rencontre. Elle l’était depuis qu’elle était née. Sa famille avait eut les grâces de leur ciel, leurs étoiles avaient guidés son sang depuis toujours. Elle était une particule d’or isolée des siens, perdu aux milieux du bronze, rouillés et mal aiguisés. Pourtant, elle savait très bien qu’il lui suffisait d’un faux mouvement, d’un mot de trop pour perdre cette fameuse supériorité. Sa puissance, son être, dépendait de la manière dont les gens la considéraient. Plus elle les écrasait, plus elle leur était supérieure. Un tyran ne rie pas, un tyran ne laisse pas voir ses émotions quand il n’y a aucune utilité de le faire. Les gens la voyaient comme un tyran, elle agissait donc comme tel, les gens la voyaient supérieure, elle était donc supérieure. Pas contente d’elle, mais au-dessus d’eux, oui. Jamais sa neige et ses aurores boréales ne lui avaient tant manqué. Il était temps de répondre à la question.
« - Pourquoi serais-je contente de moi ? Poses toi d’abord la question. Tu as été incapable de la protéger, incapable de comprendre. Incapable ! lui jeta-t-elle au visage. Tu as rejeté la faute sur moi, sur les guérisseurs du monde sans qui tes ancêtres seraient morts des milliers de fois dans des milliers de vies. Regarde la vérité en face : c’était quasiment un suicide de sa part. Et un meurtre de la tienne… Supérieure ? Mais certainement, je l’ai toujours été. Quand les gens pensent à moi, c’est à un être supérieure qu’ils pensent. Je parie que même toi, avant cette stupide tragédie… »
Elle se tue. « Que même toi avant cette stupide tragédie tu me prenais pour un être sans cœur, froid et distant. » Elle avait un cœur, un vrai qui faisait circuler son sang, un faux qui se mourrait de ne pouvoir s’exprimer. Elle aurait du se les arracher pour le prouver à son univers. Certains le savaient, pourquoi pas les autres ? La vérité, c’est qu’elle avait toujours mal supporté de voir les gens s’épanouir quand un blocage se faisait en elle. Elle avait besoin de retourner chez elle. De voir ce qu’était advenu sa famille. De ce qui c’était passer. Elle était dure avec Aile de Fée comme tous les autres, parce qu’ils étaient faibles. Faibles alors qu’elle devait se battre, toujours, pour ne pas mourir, écrasé par sa peine, son malheur. Sa solitude. Qu’est un chagrin d’amour face à ça ?
« - Tu sais d’où je viens ? De loin, très loin, même. Loin au Nord. Là-bas, il neige tout le temps. L’équivalent de votre Cercle Parfait, se serait la Source de Saphir. J’ai été nommé là-bas, mon Clan fêtait notre naissance. Tout était parfait. Et puis, prise d’une soudaine curiosité, je suis partie. J’ai eu vent de nouvelles atroces. Tueuse Nordique en faisait partie. C’est elle qui a tué Reflet d’Etoiles, tu sais ? C’est une maladie contre laquelle on ne peut rien, passer à un certain stade. Cette écervelée aura-t-elle eut la vue d’un faucon qu’elle ne l’aurait pas discerné. »
Fleur de Saphir reprit son souffle. Elle ignorait les raisons de cette soudaine confidence, elle savait juste que les vannes étaient ouvertes.
« - Ton petit chagrin fait-il le point face à ce que j’ai enduré, endure, et endurerais ? Es-tu faible et égocentrique au point d’ignorer la douleur des autres ? Te rends tu comptes que mon petit frère, un simple apprenti, et plus endurci que tu ne l’as jamais été ? »
La Dame Blanche serra ses paupières de toutes ses forces.
« - Le blanc est une bonne couleur. Celle de ma toundra – ô, mon chez moi ! Celle de ma neige, celle de mon pelage. Celle du bonheur, de la vie. A mes yeux, le blanc est tout. Mes aurores boréales… C’était la couleur de ta compagne. Je suis désolé qu’elle soit morte, mais tu n’as pas le droit de nous cracher dessus parce que vous avez fait des erreurs. Tu es probablement certain d’être le seul à porter le poids de sa disparition. Comme tu te trompes…»
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Sujet: Re: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Ven 14 Oct - 17:33
En la regardant comme ça, je pensais qu’elle avait l’air fragile pour une fois
Le temps que mit Fleur de Saphir avant de répondre me parut interminable, j’en oubliais presque sa présence et sa seule existence. De toute façon, ça n’avait pas tellement d’importance, je savais bien qu’elle était fière d’elle, elle l’était toujours de toute manière, alors pourquoi ne le serait-elle pas cette fois-ci ? Et qu’en avais-je réellement à faire de ses pensées ? En avait-elle seulement des pensées ? Parce qu’en l’écoutant et en la regardant, on pourrait penser qu’elle ne pense pas grand-chose à part pouvoir. Mais quel pouvoir ? Celui de la fierté ? Celui de l’amour est bien plus intéressant, peut-être ne le savait-elle pas, ou pas encore.
C’est à ce moment qu’elle lâcha sa tirade. Je l’ai écouté sans la regarder, à quoi bon ? Au début ce qu’elle disait n’avait pas beaucoup de sens pour moi, je ne comprenais pas tout le temps où elle voulait en venir, ou peut-être ne voulais-je pas comprendre ? Encore une fois, j’essayais de ne pas voir la vérité en face, j’avais l’habitude de cette attitude, je m’y faisais à force, mais je savais que ça ne pouvait pas continuer comme ça, il fallait que j’arrête et que je me contrôle… une bonne fois pour toutes.
Je levais les yeux vers la guérisseuse, je la regardais, je la fixais. C’est vrai que le blanc est une bonne couleur, la meilleure qu’y soit. Et puis son pelage était beau, elle avait une allure princière dans cette fourrure, même si, pour moi, celle de mon amour perdu était plus brillante et plus éclatante. C’était fini, j’arrêtais de me raconter des mensonge, il fallait que je revive, je voulais revivre. En la regardant comme ça, je pensais qu’elle avait l’air fragile pour une fois. Peut-être était-ce une illusion, mais ça me faisait du bien de penser qu’elle pouvait avoir un cœur.
« Tu as raison, c’est ma faute, et je le sais bien. » confessais-je, ma tête était vide, je ne pensais plus à rien de concret. Sous mes yeux, la vie prenait une autre tournure. Après avoir avoué ma culpabilité, la vérité me parut moins douloureuse, plus supportable, et j’en fut incroyablement soulagé.
« Tu me raconteras ? Chez toi ? Tu me montreras, un jour ? » demandai-je, un peu perdu. Oui, j’avais envi de voir la neige du Nord, la neige éclatante et les aurores boréales, tout ça, juste une fois. Même si au fond, je savais qu’elle ne me montrerais rien, j’avais envi de penser le contraire et de partir courir dans la neige blanche et éclatante, comme la fourrure de ma défunte compagne. Et comme la fourrure de la féline tant haïe jusqu’à aujourd’hui, évidemment, mais en moins bien.
« Sauf si bien sûr, tu n’as plus rien à faire là-bas, mais j’aimerais bien y aller avec toi. » continuais-je. Pourquoi avais-je dit ça ? Je ne savais pas, sûrement parce que c’était vrai. Mais de toute façon, je ne savais pas ce que l’avenir allait m’apporter, et de toute façon, pourquoi voudrais-je le savoir ? Le présent est là et il suffit de s’y accrocher un peu pour avancer, même lentement.
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Sujet: Re: N'approches pas ! PV/Fleur de Saphir Mar 25 Oct - 19:22
Un vrai sourire, un sourire attendri comme je n’en avais pas eut depuis longtemps.
Je sentais les larmes s’agglutiner derrière mes paupières serrées. Mon chez moi me manquait affreusement, j’avais envie d’en pleurer. J’en oubliais même la présence d’Aile de Fée, ce patient déprimé. Obsédé qu’il était par sa feu compagne, il n’était pas fichu de regarder ailleurs que vers son nombril. Il ne pouvait plus vivre sa vie, sa compagne lui avait volé. On pourrait très bien se dire qu’il avait vécu sa vie avec elle, qu’il était normal de sombrer dans le malheur après une telle perte. Je ne suis pas d’accord. Il a vécu sa vie avec elle jusqu’à présent, certes. Et alors ? Il lui reste du chemin. J’ai perdu tous ceux que j’aimais et connaissais, qui m’aimaient et me connaissaient. Pourtant, je n’abandonne pas. Il me reste de longues saisons à vivre, où je pourrais me rendre utile. Trouver des gens qui me comprendront. J’avais définitivement dit adieu au passé. Je ne retrouverais jamais mon chez moi. Il me fallait bâtir mon futur, à présent. Mais pourquoi étais-je la seule à le comprendre ? Pourquoi vivaient-ils tous dans le passé ? Etais-je donc la seule à avoir le pouvoir de me relever ? La force de continuer à me battre ? Je le pensais très sincèrement, j’étais sûre qu’Aile de Fée était faible, qu’il ne s’en remettrait jamais. Qu’il n’avouerait jamais ses erreurs. Pourtant…
« - Tu a raisons, c’est de ma faute, et je le sais bien. »
La stupeur me remplit en première. Puis vint l’admiration, très rapide, et la compassion. Enfin, j’ai eu droit au sentiment d’amitié. Je savais pourtant que c’était sans espoir. Comment s’entendre avec quelqu’un qui vous considère comme une meurtrière ? C’était perdu d’avance. Mes rêves de ma patrie étaient mes seuls vrais amis.
« - Tu me raconteras ? Chez toi ? Tu me montreras, un jour ? »
J’en restais stupéfaire, encore plus béate qu’à son aveu. Parlait-il sérieusement où se moquait-il de moi ? Non, rien sur son visage ne laissait présager une blague de mauvais goût. Sa requête avait une intonation de chaton. Je ne réussi pas à me retenir de sourire. Pas un sourire arrogant, de vainqueur, ou quoi que ce soit d’autres. Un vrai sourire, un sourire attendri comme je n’en avais pas eut depuis longtemps.
« - Sauf si bien sûr, tu n’as plus rien à faire là-bas, mais j’aimerais bien y aller avec toi. »
J’ai commencé à lisser mon épaisse fourrure blanche, faisant mine de réfléchir.
« - Je ne rêve que d’y aller, m’exclamais-je finalement. Ce serait un plaisir que tu m’y accompagnes. Tu verrais l’endroit… »
Rien que le fait d’y penser me rendait heureuse. J’étais étrangement ouverte à cause de cela, et ce ne me déplaçait pas tant que ça, finalement. J’aurais aimé lui peindre ce que ma vie avait été, lui raconter milles petites anecdotes, qualifier des termes les plus élogieux les paysages du Nord. Bien sûr, les chats d’ici auraient certainement du mal avec le climat glacial, le manque de tout et toutes ces conditions difficiles. Mais une fois dans le bain…C’est comme s’endormir et faire un rêve. Du blanc, du blanc, partout, encore du blanc. Du blanc comme ma fourrure, comme celle de Reflet d’Etoiles. Comme celle de mon petit frère, aussi.
« - J’y retournerais un jour, je te montrerais. C’est vraiment beau. Je ne connais pas de mot suffisamment fort pour décrire ce que je ressens quand j’y pense. On ira, un jour. »
Peu à peu la phrase s’éteignit. Je ne regrettais pas ce moment de sincérité, mais il était temps de reprendre mes distances. D’une voix douce, je lui demandais :
« - Tu te sens mieux ? »
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